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Égreville, le mardi 21 août à 22h03
Publié le 20 décembre 2007
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"Téléthon" écolo au centre des Tanneurs

Réflexions au chevet de la planète

Pendant que toute la région se mobilisait pour le Téléthon, le 8 décembre, afin de soutenir la recherche sur les maladies génétiques, le groupe écologiste de Nemours Gene avait choisi — simple coïncidence de date — de se porter au chevet de la planète en organisant une manifestation en deux temps au centre des Tanneurs.

D'abord, il s'agissait de rassembler le monde des défenseurs de l'environnement, contraints de tisser des solidarités face à une situation globale toujours plus sérieuse et parfois décourageante.

Les domaines multiples et interactifs qui interpellent les écologistes obligent à aller chercher les motivations et les compétences là où elles se trouvent, souvent dans le réseau associatif (informations juridiques, enquêtes publiques, creusement abusif de carrières, mitage de forêts, protection de l'air, de l'eau et des sols, préservation d'espèces végétales ou animales menacées, santé, cadre de vie, etc.).

Dix-huit associations étaient présentes et ont pu exposer leurs démarches et les dossiers en cours ; cela a permis aussi de rayer de structures des associations disparues (la moyenne de vie est de 8 ans). Question convivialité, la réunion s'est poursuivie autour d'un buffet froid en attendant d'accueillir le conférencier, Serge Latouche, professeur émérite d'économie à la faculté de Paris Orsay.

Le président du Gene a eu le plaisir d'accueillir à cette occasion près de 170 auditeurs.

Dans un déroulement très pédagogique, Serge Latouche faisait appel à l'image de la lentille d'eau qui, malgré une progression rapide due à l'utilisation massive d'engrais retrouvé dans les eaux (un doublement chaque année de la surface occupée), n'inquiète personne pendant des décennies jusqu'à ce qu'elle occupe la moitié de l'étang. Mais, à ce moment-là, il ne reste plus qu'un an avant la mort totale de toute vie par asphyxie.

Pour Serge Latouche, c'est le moment que nous avons atteint aujourd'hui où l'algue verte a colonisé la moitié de notre étang et où il nous faut agir vite et fort car il ne nous reste plus qu'un an.

Il relatait ensuite des travaux scientiques sur l'empreinte écologique, à savoir que nous dégradons plus que nous laissons à la planète la possibilité de se régénérer. Nous vivons d'ores et déjà à crédit en sachant que cette empreinte cache de grosses disparités. Si tout le monde vivait comme nous, français, il nous faudrait trois planètes contre six ou sept pour suivre les Américains. C'est grâce au « soutien technique » de ceux qui consomment peu ou rien (ici ou là-bas) que nous pouvons continuer à aligner notre train de vie de pays développé. Nous sommes bien loin de la gestion du bon père de famille que l'on se contente d'évoquer sans parvenir à la réaliser car nous attaquons notre capital chaque jour un peu plus.

Et c'est ainsi que Serge Latouche démontrait, plus d'une heure durant, devant une assistance particulièrement attentive, que notre développement n'était ni durable ni généralisable et qu'il avait atteint aujourd'hui son seuil critique.

Basé sur trois ressorts véritables « pousse-au-crime », la publicité (qui construit sans cesse des besoins artificiels et génère la frustration), le crédit (qui nous en donne les moyens) et l'obsolescence accélérée et programmée des produits (qui nous oblige à les renouveler), notre système est devenu un train fou sans conducteur dont il convient de s'extraire au plus vite.

Rappelant que jusque dans les années 60, notre pression sur la biosphère était encore soutenable, Serge Latouche précisait que le terme de « Décroissance » était surtout un slogan à usage d'électrochoc destiné à inciter à la réflexion d'abord, au passage à l'acte individuel et collectif ensuite.

Bousculés comme d'habitude par l'horaire, après quelques interventions de la salle et une brève conclusion qui laissera le public sur sa faim, tous les présents s'égaillèrent au fond de la salle où de nombreux ouvrages du conférencier, présentés par Frédéric Marion, recevaient les dédicaces de l'auteur.

L'an prochain (octobre 2008), au centre socioculturel de Saint-Pierre-lès-Nemours, le Gene invitera Yves Cochet pour qu'il nous commente son dernier ouvrage « Pétrole apocalypse » : la fin du pétrole pas cher va nous contraindre, de gré ou de force, à modifier nos comportements pour partir dans une autre direction. Ressenti de prime abord comme une catastrophe, ce dénouement sera probablement la dernière chance de la planète.

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