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Publié le 3 août 2007
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ENVIRONNEMENT Un parc éolien d'une quarantaine de machines est en projet sur le plateau du Gâtinais, il est contesté par l'association AGAPE

Jean-Loup Couturier : "On va défigurer le paysage pour un bénéfice écologique discutable !"

Jean-Loup Couturier, le président de l'association de défense du patrimoine et de l'environnement du Gâtinais pourrait, à priori, être satisfait du projet de la Communauté de communes du Gâtinais qui veut implanter un parc éolien d'une quarantaine de machines. En fait, il est contre car, le paysage sera, selon lui, défiguré et il y aura des nuisances sonores.

L'écologie vents contraires, ça existe aussi ! Sur le plateau du Gâtinais, la Communauté de communes, présidée par Claude Vigneaux, projette d'installer sur plusieurs sites répertoriés un parc d'une quarantaine d'éoliennes. Le projet n'est pas du goût de tout le monde.

Une association vient même de voir le jour pour demander à la Communauté de communes d'annuler purement et simplement son projet. Motif : le paysage du Gâtinais serait fortement impacté par la construction de ces énormes machines à brasser du vent. Jean-Loup Couturier est le président de cette toute nouvelle association de protection de l'environnement et du patrimoine qui a pour nom AGAPE.

Cette association est l'émanation d'une autre association de défense de la qualité de la vie qui jusqu'ici avait pour nom l'association des résidents de Dollot. Les plus au fait de l'actualité locale sur le plateau gâtinais pourraient voir avec l'émergence d'AGAPE la naissance d'un nouveau mouvement politique. "Il n'en est rien assure Jean-Loup Couturier qui possède néanmoins une bonne expérience de la vie locale. Notre objectif est sans aucune arrière pensée : nous ne voulons pas de ce projet qui n'est pas un bon projet pour notre région."

Jean-Loup Couturier qui est ingénieur issu des Arts et Métiers se passionne pour l'environnement bien au-delà de ce projet de parc éolien. Son activité professionnelle, il dirige quatre sociétés, est en lien direct avec l'environnement.

A priori, il pourrait être un supporter de l'énergie propre, renouvelable et sans danger pour l'environnement. Pour l'heure, lui et ses amis (l'association est en passe de valider 70 adhérents) n'ont semble-t-il pas trop apprécié qu'on les mette devant le fait accompli : "On a découvert le projet, un peu par hasard. Le moins qu'on puisse dire c'est que nous avons longtemps manqué d'information."

Le projet intéresserait plusieurs sites répertoriés, autour des communes de Saint-Valérien, Montacher-Villegardin, Dollot, Lixy, Villethierry et Brannay. "Les élus de ces communes auraient donné leur accord de principe et le dossier pourrait être prochainement présenté au préfet assure Jean-Loup Couturier."

L'étude s'inscrit dans le schéma départemental éolien

L'étude a été confiée à la société Nordex et à la compagnie financière Frey. Le projet de la Communauté de communes s'inscrit dans le schéma départemental éolien.

Par conviction Jean-Loup Couturier n'est pas opposé au principe même des énergies renouvelables mais le positionnement d'un parc éolien dans la plaine et les vallons du Gâtinais ne lui semble pas particulièrement judicieux. "Le bénéfice écologique en vaut-il seulement la chandelle interroge-t-il ?"

La Communauté de communes y verrait elle de son côté une nouvelle manne financière qui pourrait tomber dans son escarcelle : des estimations font état d'une retombée de 20 000 euros par machine. Le calcul est vite fait pour les collectivités locales gâtinaises qui se sentent pousser des ailes depuis quelques années. Jean-Loup Couturier met donc en avant l'impact visuel, le paysage défiguré et les nuisances sonores.

On nous dit que les machines ne seraient pas dessées à moins de 700 m des habitations. C'est encore trop près, l'idéal, si tant est que cela puisse être, c'est à deux kilomètres, comme le recommande l'académie de médecine. Ces éoliennes hautes de 145 m, c'est-à-dire l'équivalent de 40 étages, seraient visibles à 20 kilomètres à la ronde."

Le président de l'association estime que le projet n'a pas recensé tous les risques, risque industriel et mécanique notamment, et brouillage de la réception de la télévision. "Le projet ne dit rien à ce sujet !"

Quelles seront les véritables retombées financières ?

Jean-Loup Couturier qui est dans son rôle, charge la barque, encore un peu plus lorsqu'il évoque le bénéfice financier de l'opération : "J'aimerai d'abord souligner que le projet bien que relevant d'investisseurs privés bénéficiera aussi qu'on le veuille ou non de subventions publiques et ça nous ne le voulons pas. On pourra toujours dire que la production d'énergie profitera à la collectivité. Quelle collectivité ? Le courant sera bel et bien remis dans le réseau EDF qui a obligation d'acheter la production deux fois son prix. Autrement dit c'est nous qui financerons !"

L'association qui a déjà engagé plusieurs recours devant les collectivités locales demande purement et simplement que le projet soit retiré.

La position de l'association AGAPE montre un peu plus encore que les réponses à apporter aux problèmes environnementaux sont loin d'être simples. Même les énergies renouvelables et non polluantes ont aussi leurs opposants.

Pour les pouvoirs publics la position va devenir de plus en plus intenable dans le département.

A Volgré les défenseurs de l'environnement ne veulent pas du projet du centre d'enfouissement et le schéma départemental d'un parc éolien est battu en brèche aussi bien dans le Gâtinais qu'en Puisaye.

Or, nous savons qu'à terme, il va bien falloir trouver des énergies de substitution aux produits fossiles. Pour être prêt dans quarante ans, il faut bien commencer aujourd'hui.

Dans le même temps personne ne s'est opposé à la construction du million de mètres carrés des plates-formes logistiques de Savigny-sur-Clairis et de Villeroy qui, certes généreront plus d'un millier d'emplois, mais créeront également, dans leur sillage, de la pollution.

Alain CHABOTEAU

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