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Publié le 6 septembre 2007
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ENVIRONNEMENT / Venoy, Beine, Courgis, Chitry et Quenne

Eoliennes : le préfet s'oppose
aux projets de l'Auxerrois

Les parcs éoliens prévus dans l'est Auxerrois ont été retoqués
par le préfet de l'Yonne qui y voit une atteinte aux paysages.
Les élus et les sociétés concernées n'entendent pas en rester là.

« Ce que je trouve dommage dans ce dossier, c'est que les deux compagnies se sont rapprochées des services de l'Etat, qu'elles ont tenu compte de leurs remarques. On les a laissées travailler pendant quatre ans et puis patatrac ». Le maire de Venoy est amer. Le 10 juillet dernier, le nouveau préfet de l'Yonne a en effet officiellement signifié son double refus des projets portés d'un côté par Eolien Sciences environnement (12 éoliennes de 125 mètres de haut et 2 mégawatts sur Venoy, Beine et Courgis) et de l'autre par la Compagnie du vent (16 autres sur le territoire de Chitry et Quenne) en raison de leur proximité avec des lieux emblématiques (vignobles du Chablisien et de l'Auxerrois, monuments historiques d'Auxerre).

Une décision que les intéressés jugent un peu incompréhensible. « On ne s'attendait pas du tout à ça », confirme Nicolas Demoly, du bureau d'études en charge du premier projet. « On a cherché à expliquer au préfet qu'on avait fait l'effort de présenter les projets très en amont. On a pris en compte les remarques, déplacé les éoliennes, tenu compte de la sensibilité paysagère et même prévu des corridors pour les oiseaux et les chauves-souris mais il a fait la sourde oreille », ajoute ce dernier, précisant que les deux sociétés « n'avaient pas l'intention de baisser les bras ».

Le ministre confirme

« L'arrêté est motivé par l'avis défavorable de la commission départementale des sites et paysages. En février dernier, on était convoqués à 16 heures devant elle. On a attendu plus de trois heures pour une entrevue qui n'a, elle, duré que cinq minutes. Ça montre bien que sa décision était déjà prise, avant même de nous entendre », déplore Philippe Maillet qui rappelle que « les cinq conseils municipaux et les conseillers généraux étaient d'accord » et que les deux enquêtes publiques avaient conclu à un avis favorable. « Pas un viticulteur n'était contre », ajoute le maire. « On a des associations écologistes qui veulent du développement durable. L'éolien en fait partie, mais on nous reproche l'impact sur le paysage. C'est quand même plus esthétique que les pylônes électriques qui défigurent le paysage en question ».

Avec ses collègues maires des quatre autres communes concernées, l'élu a tenté d'alerter Jean-Louis Borloo le 24 juillet dernier. En vain. Le ministre de l'Ecologie a bien répondu le 22 août mais sans déjuger le préfet de l'Yonne. De toute façon, comme on a pu le voir récemment à propos du projet de l'A 26, il semble surtout urgent d'attendre le désormais fameux « Grenelle de l'environnement » promis pour l'automne.

Pour le sous-préfet d'Avallon, qui coordonne les projets éoliens dans le département, les deux projets avaient de toute façon soulevé des avis négatifs de la part de plusieurs administrations. « On ne pouvait pas se prononcer a priori, on se base sur des considérations purement objectives », explique-t-il pour justifier le temps laissé aux entreprises pour une issue finalement négative. Et de conclure, « certaines communes ont parfois du mal à entendre ce qu'on peut leur dire ». Pour mémoire, le revenu annuel pour lesdites communes est de l'ordre de 6 000 euros par mégawatt, sans compter la location des parcelles aux propriétaires.

Y. D.

Les voies de recours

Face au refus du préfet, les deux sociétés et cinq communes concernées ont jusqu'au 10 de ce mois (puisque l'arrêté est daté du 10 juillet) pour introduire un recours gracieux. Si le représentant de l'Etat persiste et signe, toujours dans un délai de deux mois, elles pourront alors se tourner vers le tribunal administratif pour un recours contentieux à l'issue très incertaine.

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