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Publié le 17 janvier 2011
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À Joux, le vent de la colère ne faiblit pas

L'association Contre Vents à l'origine des recours déposés contre les permis de construire des 27 éoliennes a fait appel du jugement du tribunal administratif de Dijon.

Des centaines d'emplois des millions d'euros, des grammes de CO2 en moins et des mégawatts qui explosent Ainsi, peut-on résumer, le projet éolien de Joux-la-Ville, Massangis et Gimault tel qu'il fut présenté à la presse, le 23 décembre, par le promoteur (la société WPD) et ses principaux partenaires : État, Région, Département et communes associées.

« Logique industrielle »

Cet enthousiasme est loin d'être partagé par les anti-éoliens, au premier rang desquels l'association Contre Vents, basée à Joux-la-Ville et à l'origine des 13 recours déposés en 2008 contre les permis de construire des 27 éoliennes. Déboutée à l'automne par le tribunal administratif de Dijon, pour vice de forme, la structure a interjeté appel du jugement, le 20 décembre, auprès de la cour d'appel administrative de Lyon. Si la démarche n'a pas d'effet suspensif (article R.811-14 du code de justice administrative), elle a vocation à marquer la détermination d'opposants décidés à ferrailler sur ce dossier. « Le parc éolien de Joux-la-ville est avant tout une démarche industrielle qui n'a guère à voir avec la notion de développement durable, peste sa présidente, Nicole Picard. S'il le faut nous sommes prêts à aller jusqu'au Conseil d'État ».

L'association ne fait pas que cibler « une verrue » qui n'a rien à faire dans le panorama. Elle a dans ses valises des arguments qui lui permettent, d'après ses militants, de contester les chiffres avancés par les promoteurs. Figure en bonne place dans son dossier une archive de L'Yonne républicaine, datée du 29 septembre 2007 dans laquelle Philippe Bourguignon, directeur d'EDF Yonne, explique que « [leur] bureau d'études a considéré que le département n'était pas suffisamment rentable pour construire des éoliennes [] Le vent étant ni assez puissant, ni assez régulier. »

Le vent, le nerf de la guerre entre un promoteur qui annonce qu'il soufflerait en moyenne à 6,3 mètres par seconde (m/s) et ses détracteurs qui le situent plutôt entre 2 et 4 m/s (lire par ailleurs). « Un mat de mesure a été installé à Joux, mais impossible d'obtenir les résultats, constate Nicole Picard. De toute façon, on ne les obtient jamais. Un rapport d'enquête sur un parc éolien peut contenir jusqu'à 600 pages, mais pas une donnée sur la mesure du vent. »

Les anti-éoliens contestent également le potentiel annoncé du site (entre 140 et 150 millions de kWh par an). Pour ce faire, il s'appuie sur les premiers résultats du site de Sainte-Seine-l'Abbaye (25 éoliennes), en Côte-d'Or, inauguré en mai 2009 : « Là encore, impossible d'obtenir des données précises, relève la militante. Mais en faisant le calcul inverse sur la base du chiffre d'affaires 2009 du parc et du prix de rachat de l'électricité par EDF, on obtient à peine 11 % du potentiel attendu. »

Des données erronées ?

« Des données erronées », l'association dit en avoir également détectées lorsque le promoteur compare la capacité de production du futur parc de Joux-la-Ville à la consommation annuelle d'une ville moyenne. « WPD annonce l'équivalent de la consommation annuelle, hors chauffage, de 180.000 habitants. Or l'Ademe et EDF fixent cette moyenne annuelle entre 3.000 et 5.000 kWh par habitant, l'équivalence se situerait donc plutôt entre 30 et 50.000 personnes. »

Le grand reproche de l'association, « le manque de transparence » dans la création des sites éoliens qui cacherait des réalités plus économiques qu'environnementales.

Franck Morales
Thibaut Pinsart

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